Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Tics, manies et autres névroses (ép. 10)

Le traducteur est un petit être délicat. Confronté au monde hostile qui l’entoure, il a parfois des réactions étranges, compulsives, inquiétantes. Certains préfèrent parler de « déformations professionnelles » pour minimiser la chose, mais let’s face it : le traducteur professionnel est gravement atteint. Cette série de billets explore les tics, manies et autres névroses de la gent traductrice.

Revoici l’ouvrage mystère évoqué brièvement fin août, lorsque la température dépassait encore 10 degrés votre blogueuse dévouée vous demandait d’un ton guilleret : « Ça vous parle ? ». Pour ce 10e billet de la série « Tics, manies et autres névroses », je vous préviens, le ton est à l’hommage. À l’hommage, oui-oui, parce que j’ai découvert tout récemment que j’avais pour ces articles un illustre modèle (inconscient, donc) en la personne d’Irène de Buisseret. Française émigrée au Canada dans les années 40, Irène de Buisseret occupe un chapitre d’un ouvrage que j’ai consulté il y a quelque temps pour tout autre chose, intitulé Portraits de traductrices (Jean Delisle (dir.). Les Presses de l’Université d’Ottawa, 2002) (non, ce n’est pas l’ouvrage mystère). On y apprend en très résumé qu’elle écrivait des romans et des chansons, fit de la Résistance pendant la guerre et occupa, après son départ de France, divers postes de traductrice dans l’administration canadienne, avant de terminer sa carrière comme chef du service de traduction de la Cour suprême et prof de traduction à l’université d’Ottawa, et de mettre fin à ses jours en 1971.

Mais me direz-vous, que fait Irène chez Les piles ? Eh bien elle est l’auteur d’un ouvrage (qualifié d’ « ouvrage-culte d’une certaine génération de traducteurs » par ici, je ne vous dis que ça) dont je dois avouer humblement que je n’avais jamais entendu parler avant ces récentes pérégrinations en ligne : Deux langues, six idiomes (Carlton-Green Publishing Company Limited, 1975) (voilà, c’est lui, l’ouvrage mystère). Le portrait susmentionné m’ayant donné très envie de lire ce bouquin, j’ai fini par le trouver sur amazon.ca après quelques déconvenues (à toutes fins utiles, on le trouve actuellement sur Le Bon coin chez une personne très aimable que j’avais contactée parallèlement à mes premières recherches, mais qui était en vacances, du coup bref, je vous épargne les détails).

Ce livre est au fond une sorte de manuel, ou en tout cas un recueil de conseils de bon sens à destination des traducteurs débutants ou plus chevronnés, selon le cas. Son sous-titre n’est du reste pas particulièrement funky à première vue : « Manuel pratique de traduction de l’anglais au français – Préceptes – Procédés – Exemples – Glossaires – Index. Pour un bon entendement des six variétés des deux langues officielles du Canada ». Mouais, un peu sec, tout ça. Mais sa particularité – et la raison de ce billet « Tics, manies et autres névroses » – réside dans le fait qu’il décortique en 430 pages (plus quelques annexes) la pratique de la traduction sous l’angle des « principaux troubles, maladies et symptômes dont souffrent les traducteurs » (cf. article en lien dans la phrase précédente). Et c’est donc beaucoup plus qu’un manuel, en réalité. D’ailleurs, l’introduction (qui n’est pas de l’auteur et a été rédigée après le décès de celle-ci) nous annonce triomphalement : « Que trouvera-t-on dans ce volume ? Tout ! ». Voilà voilà.

Au rayon des pathologies (première partie intitulée « Le mal », 120 pages environ), l’auteur aborde une série de maux auxquels elle donne des appellations choupinettes :

L’hydropisie verbale :

Si nous sommes, linguistiquement parlant, tous plus ou moins hydropiques, c’est que notre phrase n’est pas élégante, nerveuse, dépouillée, mais enflée, flasque, ampoulée, pleine de borborygmes, gargouillis, ballonnements et clapotis verbaux qui l’étouffent et la noient. Sous ce gonflement, on distingue à peine sa charpente et ses traits essentiels. En vain elle se débat ; finalement elle éclate, elle crève, elle succombe et nous l’enterrons sous les guirlandes d’un style atrocement fleuri.

La cacographie chronique : cette rubrique, longuement développée sur plusieurs chapitres, recouvre les calques, solécismes, barbarismes, faux amis, régionalismes, archaïsmes, mais aussi le manque d’oreille et l’ignorance des prépositions.

Sans oublier les « greffes », pour prolonger la métaphore médicale :

Que nous vivions dans la plus scandaleuse intimité avec des « calques », passe encore. Cela est navrant, bien entendu, mais du moins pour la plupart d’entre nous, nous demeurons nous-mêmes, nous n’abdiquons pas notre personnalité. Quelques-uns de nos collègues néanmoins – peu, heureusement – sont dans un état bien plus grave, car ils semblent avoir perdu leur « moi ». Ils paraissent envahis, investis, parasités, victimes d’une insidieuse métamorphose qui fait éclater leurs structures profondes et les transforme en « quelqu’un d’autre ».

(…)

Les observant à l’œuvre, on dirait qu’ils ont reçu en greffe des parties de cerveaux étrangers, des portions d’une autre langue, d’une autre culture que la leur propre. Ils ne pensent plus, ne réagissent plus normalement. C’est comme si leur psychisme même avait subi un bouleversement intime et leur mécanisme linguistique en est absolument faussé.

Ou encore les tics, dont l’évocation part joliment en vrille :

Ces automatismes font bon marché du goût, de l’intelligence, de l’oreille, de l’imagination qui nous sont indispensables dans le métier. Ils éliminent d’office la recherche du mot, de la phrase exigés par le ton du texte à traduire, le public qu’il vise, la personnalité de celui qui a prononcé ou écrit ces paroles dans la langue de départ, le niveau culturel où elles se situent, et mille autres éléments qui devraient peser dans la balance. Quand on pense qu’il y a déjà tant de choses dans la vie que nous ne sommes pas libres de faire ! Nous ne pouvons pas : dormir au bureau ; prendre congé au milieu de la semaine ; tirer la langue au patron ; dire à la femme de notre vie que sa robe ne lui va pas ; téléphoner au ministre des Finances pour lui exprimer notre façon de penser quant à ses nouveaux impôts ; employer des solécismes, barbarismes, archaïsmes et autres joyeusetés dans nos traductions, ou y glisser des néologismes de notre cru. Si à tout cela nous venons ajouter les chaînes que nous imposent nos tics de langage, c’est vraiment le bouquet ! Je ne dis pas, il y a pu avoir un moment, à l’aube des temps, quand l’homme des cavernes n’avait qu’une formule pour exprimer tout ce qui lui passait par le crâne. Je vois très bien le Pithécanthrope ou quelque hominidé devant se contenter par exemple de dire GGNNNNNGGHHH pour faire comprendre à sa femme qu’il trouvait exquise sa nouvelle tunique en peau de mammouth. Mais nous autres, si seulement nous savions en profiter, quelle variété, quelle abondance, quel foisonnement, quelle munificence offre aujourd’hui la langue française !

(…)

Alentour s’étend le merveilleux domaine de notre langue. Il est à nous, il nous appartient par droit de naissance. Il attend de nous accueillir, de nous désaltérer à ses sources, de nous voir explorer ses richesses et pénétrer son harmonie.

Mais nous, nous nous sommes emmurés nous-mêmes dans nos automatismes, liés à nos habitudes, rendus esclaves et non maîtres de nos expressions. Il faut à tout prix essayer d’abattre ces murailles, de rompre ces chaînes, de retrouver notre libre-arbitre et notre indépendance. Car, pour bien vivre comme pour bien traduire, il nous faut avant tout être libres. Mort aux tics ! Vive la liberté !

Nota – Vous me pardonnerez, j’espère, cet élan lyrique. Que voulez-vous ? C’est que j’ai horreur de tout ce qui pourrait m’empêcher d’éternuer à ma guise, de planter mes oignons comme je l’entends et de traduire avec le plus discernement et de plaisir possible.

Hem-hem.

Nous arrivons ensuite aux « affections secondaires » :

La concrétite :

Un traducteur avait à rendre : « The spark-plug of the economy is the private sector. » Il écrivit : « La bougie de l’économie est l’élément privé. »

Le Petit Robert nous dit que le sens figuré est « le transfert sémantique d’une image concrète à des relations abstraites ». Dans [ce cas], ce transfert était évidemment impossible d’anglais en français en termes identiques dans les deux langues. [Le traducteur] était atteint d’une affection qui avait émoussé son instinct linguistique ; il ne sentait pas que, dans ces phrases, le terme concret choisi en français ne transmettait pas une conception abstraite. C’est [qu’il faisait] de la concrétite à l’état aigu.

La distorsionnite :

S’il est vrai, comme l’affirment les spécialistes, que la qualité d’une traduction se mesure surtout à l’exactitude du contenu et à l’identité des impressions, cette qualité peut devenir bien compromise chez les victimes de la distorsionnite.

Dès ses premières atteintes – c’est une maladie progressives, à deux étapes distinctes – les gens qui en sont frappés commencent à dévier, à divaguer légèrement, à succomber à des déformations d’abord fugaces mais tôt reconnues par un œil exercé. Puis une fois dans la place, cette affection traîtresse s’y installe triomphalement.

(…)

[Exemples de distorsionnite cité :]

« On the farm I was taught by my parents, who were excellent breeders, not to count chickens before they were hatched.

Reflet voilé : … « mes parents (…) m’ont appris à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Vous voyez comme c’est insidieux, ce mal-là. Évidemment, nous savons tous qu’en règle générale, « ne pas vendre », etc. rend « not to count chickens », etc. Mais où la déviation, la distorsion intervient, c’est que dans ce contexte-ci, ça ne va plus. Qu’est-ce que c’est, en effet, que ces éleveurs, dans une ferme, où ils tuaient les ours avant de vendre leurs peaux ? Ça doit rapporter gros, surtout si les dames ourses donnent du lait…

L’hypothésomanie :

À lire les versions de traducteurs frappés d’hypothésomanie, on peut avoir d’abord l’impression qu’elles ressemblent au travail des victimes de la distorsionnite. Erreur, illusion. Ceux-ci sont ballotés sur les flots de l’inconscient et du rêve ; ceux-là, conscients et rationnels, prennent leur métier au sérieux et se livrent à un véritable effort de réflexion. S’ils butent contre une phrase ou un terme difficiles, ils élaborent aussitôt quelque hypothèse ingénieuse.

(…)

Si certains traducteurs ne succombaient pas à l’hypothésomanie, (…) s’ils allaient jusqu’au bout des recherches possibles, ce chapitre n’aurait jamais été écrit. Mais ils y succombent, et cela leur fait prendre, trop souvent, des vessies pour des lanternes.

Ayant trouvé par terre une vessie, l’hypothésomaniaque la ramasse, la palpe, la soulève, la retourne en tous sens et se dit :

« Qu’est-ce que ça peut bien être, ce machin-là ? Voyons, réfléchissons… Ça me semble avoir les dimensions approximatives d’une lanterne. C’est presque transparent. On pourrait, à la rigueur, y mettre une lumière à l’abri du vent. C’est peut-être bien une lanterne… Ce doit être une lanterne. Oui, ça ne fait l’ombre d’un doute, ça ne peut être qu’une lanterne ! »

Et c’est ainsi qu’une fois formulée l’hypothèse a vite fait de se cristalliser, de se transformer en solution, chez les victimes de l’hypothésomanie.

Problème à résoudre : For the life of me, I can’t imagine that!

Hypothèse : Hum ! Pour ma vie ? En échange de ma vie ? Même si ma vie était menacée ? Même si je devais sacrifier ma vie ?

Cristallisation : C’est bien ça. Je vais mettre : « Dussé-je y perdre la vie, je ne pourrais l’imaginer. » Ça vous a un petit air littéraire qui fait bien dans le tableau.

Un peu plus, et il y était : J’ai beau faire… (J’ai beau essayer…) (Je m’y évertue en vain…) Idiotisme d’ailleurs consigné en tous dictionnaires un peu développés.

La culturite (subdivisée en « complexe du maître d’école » et en « mirandolite ou fièvre de Pic de la Mirandole ») :

De ces singes-là il y en a partout, et non seulement sur les bancs de l’école mais parmi les hommes d’affaire, les membres des professions libérales, les journalistes, les messieurs des conseils d’administration, les rédacteurs de rapports, mémoires ou exposés, et même dans l’enceinte du Parlement. Ils pérorent, ils déclament, ils écrivent. Parfois, il nous faut traduire leurs propos et c’est alors que certains d’entre nous sont soudain frappés par une attaque de foudroyante culturite.

Là, j’avoue que je suis moins pleinement d’accord avec Irène de Buisseret lorsqu’elle recommande :

C’est qu’un bon traducteur est traducteur ; il n’est pas un maître d’école. (…) Si vous voyez, dans un texte à traduire :

He is like Sisyphus who cleaned up the Augean stables,

écrivez sans sourciller :

« Il est comme Sisyphe qui nettoya les écuries d’Augias »

et tâchez d’oublier, en cette minute, que c’est Hercule qui fut chargé de cette tâche.

Hmm… non, j’ai du mal à souscrire à ce conseil et je recommanderais plutôt, pour ma part, de signaler l’erreur au client ou d’ajouter à tout le moins un [sic] après l’expression mal employée (après avoir vérifié et revérifié qu’il y a bien une erreur). Personne n’hésite jamais à faire porter le chapeau au traducteur, même quand le fautif est l’auteur du texte original… Et tant pis pour le syndrome du maître d’école, boudiou.

La mirandolite, « fièvre qui nous pousse à éclabousser de notre culture des documents où elle n’a que faire et que nous croyons ainsi améliorer », me semble beaucoup plus clairement condamnable.

L’hypo-attention :

Les gens tiennent à leur personnalité propre. Les mots aussi. C’est pourquoi il est impardonnable pour un traducteur de les confondre par suite de je ne sais quelle vague ressemblance de son ou de forme. Ceux d’entre nous qui s’abandonnent à cette triste névrose sont très mal vus, croyez-en ma longue expérience.

Le secret de famille ou l’incompréhensite :

Nous avons, nous aussi, un secret inavouable, farouchement protégé contre l’indiscrétion des tiers mais que nous pouvons reconnaître ici, car nous appartenons tous à la même tribu : certains de nos confrères sont atteints d’incompréhensite. Ce trouble cruel les empêche de comprendre les textes anglais qu’on leur donne à traduire. Peut-on concevoir un sort plus fâcheux, une situation plus embarrassante ? Impossible, bien entendu, de remettre une page blanche ; il faut à tout prix écrire quelque chose. Et c’est quelque chose, en effet. Jugez-en :

You cannot compare them; they are not in the same league .
If necessary, the government will go to the country.
The minister is little more than a puppet.

Traduction de victimes de l’incompréhensite :
C’est impossible de les comparer, car ils ne sont pas membres de la même association professionnelle.
Au besoin, le gouvernement ira à la campagne.
Le ministre est un peu plus qu’une marionnette.

Voilà pour les maux. Je ne vous raconterai pas de façon aussi détaillée la partie intitulée « Causes et remèdes », car elle est plus difficile à résumer. Parmi les aspects sympathiques de cette seconde moitié, notons que l’auteur fournit des mini-glossaires (comme points de départ, bien sûr, aux glossaires personnels qu’elle conseille aux traducteurs d’établir). On trouve ainsi au fil des pages un mini-dictionnaire d’argot (rigolo de se plonger dans l’argot de la fin des années 60, au passage), du jargon administratif ou gobbledygook (assorti d’un « mini-mini-glossaire de gobbledygook canadien »), de jargon militaire, de dialecte hippie, de dialecte psychédélique, de dialecte « New Left » (toutes sources précieuses à conserver pour sous-titrer des films un peu datés), de jargon ameryiddish, etc. et quelques listes de termes dont le sens était en train de changer à l’époque de la rédaction de l’ouvrage.

Un chapitre intéressant est consacré au cliché, ce « monstre multiforme et effroyable » qu’il convient de reconnaître, d’apprivoiser et d’utiliser à bon escient. Ledit chapitre déborde allègrement sur une étude des proverbes-clichés, des citations-clichés (ce qui nous rapproche du « snowclone » auquel un billet fut consacré par ici il y a trois ans). Un « mini-glossaire de clichés en provenance de l’océan shakespearien » nous rappelle combien les quasi citations du Barde sont omniprésentes dans la langue anglaise, puisque

Tout Anglo-saxon qui se respecte, ministre, sénateur ou député, enseignant ou banquier, fonctionnaire ou gratte-papier, journaliste ou écrivain, épicier ou plombier-zingueur cite Shakespeare – parfois mal, mais il le cite quand même. C’est un trait ethnique, une impulsion irrésistible, une preuve qu’on ne vit pas en vain et qu’on est membres à part entière du genre humain et de la langue anglaise. Shakespeare est cité par les anglophones plus souvent que la Bible même – et ce n’est pas peu dire. C’est au point que parfois ils ne savent même pas qu’ils le citent.

Les « clichés tirés de la Bible » ont aussi, logiquement, leur sous-chapitre et leur mini-glossaire, sans oublier ceux tirés de Mother Goose, d’Alice au pays des merveilles et de quelques autres.

Un peu plus loin, une ode vibrante aux dictionnaires est suivie d’un chapitre « gare aux dictionnaires ! » (qui dégomme gentiment mais pas trop le Harrap’s au passage). Cap ensuite sur les anglicismes « solidement ancrés dans le néo-français » : intéressant là encore de lire aujourd’hui ce chapitre écrit dans les années 60 (Exemple cité par l’auteur : « cessez-le-feu : dans ma jeunesse on disait « trêve » ou « armistice ». »).

Le dernier chapitre attire l’attention sur un phénomène intéressant, avec son titre à rallonge : « Français peureux et français pudique. Totems et tabous. La feuille de vigne n’est pas un certificat de compétence. » Il souligne l’ « euphémisation » fréquente qui a cours dans les traductions françaises (j’avoue, j’en suis une victime régulière) et rappelle que « pour être bons traducteurs, nous devons être entiers ». Ce qui permettra, si nos clients lisent Irène de Buisseret (mais oui, et la marmotte…), d’éviter des corrections de ce genre (cliquer sur l’image pour la voir en plus grand une fois sur Touiteur).

J’ajoute, mais vous l’aurez compris, que Deux langues, six idiomes est un livre au ton drôle, vivant, jamais ennuyeux et plein de légèreté. L’auteur a glissé un peu partout de petits exercices (pardon, des « jeux » ) en lien avec les différents aspects de la traduction qu’elle aborde, à faire si l’on en a envie, et qui remettent parfois utilement les idées en place. Et puis les petites illustrations (de Madeleine Beaudry), dont j’avais scanné quelques échantillons fin août, sont souvent rigolotes et bien trouvées.

En résumé ? Votre blogueuse dévouée est totalement conquise. Ce mélange de grosses bêtises et de vrais conseils, de diagnostic décalé des « pathologies » des traducteurs et de grande sagacité dans les remèdes, tout cela me réjouit énormément. C’est à la fois une bouffée d’air frais et un bouquin réellement utile, une délicate fantaisie qui témoigne d’une connaissance pointue de la traduction et une analyse étonnamment drôle de nos travers et de nos tics, manies et autres névroses professionnels. Et par les temps un peu moroses qui courent, un remonte-moral aussi dynamique et jubilatoire ne fait pas de mal. Alors dites-moi : pourquoi n’est-il pas plus connu (en France, en tout cas), ce délicieux manuel ?

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