Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

« Fais fissa, Lazlo ! Les sbires du roi nous poursuivent !! »

C’est vraiment une bonne idée, ce petit bouquin de Clément Lemoine publié par SCUP/Librairie Goscinny :


À peine m’avait-on signalé sa publication (merci S., encore une fois) que pouf, il était commandé : votre blogueuse dévouée aime trop Goscinny pour ne pas se jeter sur un essai de ce genre. Non sans une certaine curiosité, d’ailleurs, parce que vous je ne sais pas, mais personnellement, je n’aurais pas pensé qu’il y avait matière à consacrer une centaine de pages à ce thème qui pourtant me touche de près. Or si, matière il y a, et il fallait y penser. La brève d’actuabd consacrée à l’ouvrage résume bien les choses :

Il faut dire que Goscinny est un cas. Né à Paris de parents d’origine polonaise et ukrainienne, il vécut en Argentine de l’âge de 2 ans à l’âge de 19 ans, puis 6 ans à New-York (où il rencontra Morris et où il travaillait pour un exportateur tangérois), pour venir se faire publier en Belgique (où il rencontra Uderzo) et créer ensuite avec un fils d’immigrés italiens le personnage de BD qui incarne le mieux la France : Astérix !

Dans ses bandes, on parle anglais, espagnol, italien, égyptien, chinois, japonais, latin, russe… et un certain nombre de langues imaginaires.

On y décrit surtout un incroyable brassage de civilisations, de Spaghetti à Lucky Luke, d’Iznogoud à Astérix, bien caractéristique de celui qui écrivit : « J’aime beaucoup les étrangers, j’ai longtemps été étranger moi-même. »

Intéressant et sympathique (voir cette page du site de la Librairie Goscinny pour un florilège de recensions), l’ouvrage se lit vite et ne révolutionnera pas votre vie, mais il donne très, très envie de se (re)plonger dans les différentes œuvres, séries et collaborations variées de Goscinny pour y repérer les traducteurs, interprètes, situations d’incompréhension linguistique et autres dialogues en langues étrangères ou en langues imaginaires évoqués dans cette étude. L’angle est en tout cas original et le sujet, traité avec une grande minutie (ah, on les envie un peu, hein, les auteurs d’études sur ce genre de sujet qui offre l’occasion d’éplucher des kilomètres de phylactères…).

En revanche, tout cela manque un peu d’illustrations. Alors pour toi, ô lecteur Goscinnyphile de ce blog, j’exhume la double planche des Dingodossiers consacrée au doublage (Goscinny/Gotlib, parution initiale en 1965 dans Pilote) qui est citée dans Versions originales – Traducteurs et traductions dans l’œuvre de René Goscinny. Ne me remercie pas, mais note avec moi qu’on y croise texto les mots « l’adaptateur chargé de traduire le texte original », une expression relativement rare (et fort louable) dans une publication non spécialisée qui aborde la question du doublage, fût-ce pour rigoler.


Tiens, la Librairie Goscinny commercialise également les actes du colloque consacré à la traduction d’Astérix que votre blogueuse toujours dévouée était désolée d’avoir loupé en 2009. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu’il vont eux aussi terminer sur ma pile à lire…

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