Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Ch-ch-ch-ch-changes

Tu sais, lecteur toi aussi changeant de ce blog, il faut quand même que je te dise que ces derniers mois ont été plutôt fastes pour les gens de mon entourage proche. C’est pas compliqué, tous ceux qui cherchaient du boulot en ont trouvé, dans l’ordre chronologique, Frérot L., The Man et Belle-soeurette A. Ouais, c’était un peu la classe à Dallas, cette fin 2011 /début 2012. Et le pire (ou le mieux), c’est que même votre blogueuse dévouée aura bientôt, paraît-il, un nouveau taf (yeeeha).

La grande aventure européenne a débouché sur un poste dans la capitale de la Luxembourgie auprès de l’institution qui m’intéressait le plus, ce qui tombe il faut le dire particulièrement bien. Honnêtement, j’aurais préféré la capitale de la Belgiumie qui me semblait plus attrayante, mais dans l’immédiat, à bien y réfléchir, ça me tente bien. Je pensais flipper, ne pas savoir ce que je voulais, ne pas être sûre d’avoir envie de ce changement de vie, mais en fin de compte j’y vais plutôt sereinement et avec optimisme. Et puis on verra bien si je conviens et si ça me convient.

Officieusement, je suis au courant depuis début décembre, parce qu’on m’a très gentiment passé un coup de fil pour me l’annoncer tout de suite après un nouvel entretien en Belgiumie. Officiellement, j’ai enfin eu confirmation de la chose il y a quelques jours après deux mois d’attente et de gamberge (et moi, plus je gamberge, moins je suis sereine) (c’est mathématique) et le grand changement devrait se faire en avril.

Certes, je n’ai pas très envie de repartir, de refaire mes cartons moins d’un an après les avoir défaits, de me lancer dans de nouveaux aller-retours Luxembourg-Paris et Luxembourg-Strasbourg. Pas envie de renoncer au droit de travailler (parfois) en pyjama, au droit d’aller (parfois) au cinéma au milieu de l’après-midi, au droit de dire (parfois) « non » si on m’emmerde, au droit de choisir (parfois) ce que je traduis. Pas envie non plus d’abandonner les timecodes, les sous-titres, les voice, la Chaîne Kulturelle qui me fait vivre, les beaux documentaires culturels et les vieux films occasionnels.

Et en même temps…

Pourquoi pas ?

Pourquoi pas une nouvelle vie, plus équilibrée peut-être, avec des horaires pour encadrer les sprints et les marathons de tous les jours ? Pourquoi pas un boulot salarié dans un domaine qui m’intéresse aussi depuis longtemps ? Pourquoi pas la culture, les questions d’emploi et de santé et les politiques régionales (ce qui m’attend a priori) ? Pourquoi pas les programmes ultra-libéraux que je réprouve ? Pourquoi pas des collègues de travail ? Pourquoi pas une machine à café ? Pourquoi pas une ambiance de boulot internationale dont j’ai souvent rêvé, puisque ce sont les seuls milieux où je me sens vraiment bien au quotidien ? Pourquoi pas des soirées libres, des week-ends et des congés payés ? Pourquoi pas du boulot assuré, sans se demander de quoi demain sera fait ? Surtout, pourquoi pas Luxembourg ? (Euh…)

On verra bien, je vous raconterai. Ou pas – et cette fois, ce sera peut-être effectivement « pas », ou en tout cas pas de la même façon parce qu’il me semble nettement plus compliqué de rester une traductrice-blogueuse vaguement anonyme (mouahaha) dans ces conditions.

Il sera toujours question de traduction, de langues et de mots ici, mais peut-être pas de la même manière. Il sera toujours question de bouquins, de films, de machins qui n’intéressent que moi passionnants, forcément. Et puis il sera question de Luxembourg, c’est sûr, il y aura des millions, que dis-je, des milliards de trucs à dire, à découvrir et à raconter sur cette contrée lointaine et sauvage, cette nouvelle ville, cette nouvelle vie. Si-si, parce que quand même, un pays qui a trois langues officielles, c’est le rêve pour Les piles (à venir, d’ailleurs : une analyse de texte de l’inénarrable Petit Futé Luxembourg qui devrait illico vous donner envie de venir y passer des week-ends de folie).

Dans l’immédiat, rien ne change ici.

Mais déjà, forcément, tout change, dans ma tête et dans mes vagues tentatives d’organiser les semaines qui viennent. Trouver un appart à Luxembourg (paraît que c’est cher de se loger, là-bas, le répit strasbourgeois des loyers abordables aura été de courte durée) (et non, je n’irai pas m’installer dans un patelin de ma riante Lorraine natale de l’autre côté de la frontière car je rappelle que j’appartiens à la sous-espèce homo citadinus urbanicus) (et non, Metz n’est pas envisageable non plus pour tout un tas de raisons) (n’insistez pas), se renseigner sur les quartiers sympas, faire la fin du chemin psychologique nécessaire dans ma tête, le tout en continuant à bosser… Bref, c’est ça, tout a déjà changé, même si rien ne change pour l’instant.

Surtout pas ici.

(Partez pas !)

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