Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Écritures (#1)



J’ai récupéré auprès d’Oncle M. un fascicule de poésie bilingue qui me plaît beaucoup.

Au fil des pages, je cherche les correspondances, les mots répétés, les ponctuations parallèles. L’écriture bengali m’est d’une opacité totale, mais peu importe, elle roule ses volutes et darde ses horizontales avec une grâce qui me ravit (et cette couverture orange so 70s a un charme inimitable).

Plus le temps passe, plus je me sens attirée par les langues à écriture lointaine. L’apprentissage de l’alphabet hébraïque pour le yiddish m’a permis il n’y a pas longtemps de vivre un de ces petits bonheurs que j’affectionne tout particulièrement : en co-traduisant un documentaire dont une bonne partie était en hébreu, je me suis rendu compte que je pouvais suivre sur mon script (phonétiquement, bien sûr – pour le reste, je ne comprenais rien) ce que disaient les intervenants à l’écran. La petite gymnastique de la lecture de droite à gauche, ces caractères encore complètement étrangers quelques mois auparavant, tout cela était suffisamment entré dans ma tête pour me donner des points de repère dans une autre langue utilisant le même alphabet.

Bonheur de se donner des coups de coude à soi-même.

Si si. Bonheur totalement futile et inracontable (quoique), mais bonheur quand même.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Hit Enter