Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Vian à la maison, y a le printemps qui chaaaanteuh

(Ce titre est lamentable, mais c’est pas ma faute si le Franprix m’a mis cette chanson idiote dans la tête, na d’abord.)

Boris Vian était un gars qu’on aimait bien dans la famille de Tatie Les Piles. Romans, poèmes, 33 tours, nouvelles, on avait un peu de tout à la maison. Et en ma qualité d’influençable petite dernière de ladite famille, j’ai hérité d’un a priori très favorable à son endroit, mais sans jamais me pencher réellement sur son cas ni sur son oeuvre. Je veux dire, j’ai lu quelques uns de ses romans avec grand plaisir et j’apprécie ses chansons, mais ça s’arrête là.

Et oui, je connaissais l’histoire de l’imposture-canular Vernon Sullivan, mais seulement dans les très grandes lignes. C’est-à-dire que je savais que Vian avait écrit des polars sous ce pseudo, mais j’ignorais qu’il les avait présentés comme des traductions de romans noirs américains (ce qui paraît assez logique, quand on y réfléchit deux minutes, mais j’avoue que je n’avais jamais pris cette peine – question de blondeur, sans doute).

C’est en cherchant un truc pour une traduction que je suis tombée par hasard sur cet article intitulé « Vernon Sullivan ou les pseudo-traductions de Boris Vian« , d’Isabelle Fakra, qui étudie (pas autant dans le détail qu’on pourrait le souhaiter, mais c’est intéressant quand même) comment Vian a parsemé sa fausse traduction de calques et d’américanismes. Même topo, dans une veine similaire, dans cet autre article, « Boris Vian, traducteur et pseudo-traducteur« , de Daniel Vojtek. À signaler aussi sur Polar Noir, une page intéressante et assez étonnante consacrée aux traductions en anglais de J’irai cracher sur vos tombes. Enfin pour « élargir le débat » (oui, oui, restons fidèles à l’esprit de ce blog qui s’efforce toujours de prendre de la hauteur, n’est-ce pas ? hmm ? non ?), un dernier article de Patricia Godbout, « Pseudonymes, traductionymes et pseudo-traductions » paru dans Voix et images en 2004.

Je t’invite à aller lire tout ça si comme moi, humble lecteur de ce blog, tu es d’une ignorance crasse sur cette histoire – ou même si tu connais très bien la question mais que tu veux me faire plaisir quand même (parce qu’il n’y a pas de raison de se fâcher, hein).

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