Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Mot du jour (4)

Nouveau mot du jour :

bowls/lawn bowls/lawn bowling
(auf französisch : boulingrin)

Contexte : figure-toi, lecteur assoiffé de nouvelles de ce blog, que le 23 décembre dernier à 15 heures, je n’avais pas encore de cadal pour Frère L., ce cher petit. Ceci n’était pas le fait d’un défaut de prévoyance de la part de ta blogueuse favorite, du tout du tout, mais le fait d’un défaut de prévoyance de la part du vendeur-livreur de couteaux suisses qui n’avait pas en stock le modèle ultrasonique-et-top-perfectionné-avec-montre-intégrée-de-la-mort-qui-tue que je lui avais commandé une dizaine de jours plus tôt, et qui avait mis une grosse semaine à me signaler cette absence (crétin, va).

Or donc, le 23 décembre à 15 heures, grave en panne d’idées et refroidie par le prix des gadgets de course à pied ultrasoniques-et-top-perfectionnés-avec-montre-intégrée-de-la-mort-qui-tue que proposait le magasin spécial « course à pied » de l’avenue de la Grande-Armée, j’ai poussé la porte de la boutique d’antiquités marines de la rue St-Ferdinand.

Ce joli petit magasin (qui était auparavant installé avenue des Ternes, mais dont je n’ai aucun souvenir à son emplacement précédent) a ouvert il y a déjà trois ou quatre ans, pourtant je n’y avais jamais mis les pieds – ce qui ne m’empêchait pas de baver régulièrement devant la vitrine en admirant les vieux instruments de navigation, les hublots patinés et les maquettes adorables qui s’y trouvaient. J’ai toujours des scrupules et des réticences à entrer dans ce genre d’endroits sans avoir une idée de ce que je cherche ou au moins un projet d’achat. C’est mathématique, moins il y a de surface de vente, plus les vendeuses sont susceptibles de vous mettre le grappin dessus à peine passé le seuil du magasin et de ne plus vous lâcher.

A l’intérieur, c’était encore plus alléchant que vu du dehors. Des horloges anciennes, des globes, des lampes, des maquettes à gogo toutes plus fignolées les unes que les autres, de vieilles publications sur la marine, des compas, des sextants, d’innombrables petits objets provenant de bâtiments plus ou moins anciens, mais aussi pas mal de bricoles n’ayant rien à voir avec la mer, et j’en passe…

La bonne surprise, c’est qu’au lieu d’une vendeuse pénible (espèce assez répandue dans le quartier), il y avait un monsieur gentiment bourru et tout à fait passionné, qui s’est fort aimablement mis en quatre pour que je trouve mon bonheur et celui de Frère L.. Après avoir reluqué avec envie quelques boussoles anciennes malheureusement hors de portée de mon portefeuille et avoir regardé de près pas mal d’objets plus ou moins étranges en écoutant le monsieur gentiment bourru et tout à fait passionné m’expliquer d’où ils venaient et à quoi ils servaient dans leur vie passée, je me suis arrêtée sur quelque chose qui ressemblait à ça, en moins craquelé :

L’objet était très joli, agréablement lourd (le côté bois plein) et en superbe état. Mais qu’était-ce ?

Une vieille boule de bowls, m’a dit le monsieur, également appelé lawn bowling. Un sport (?) situé quelque part entre la pétanque et le bowling, pratiqué principalement sur les gazons des pays anglo-saxons.

Nous y voilà.

Ce n’est pas : un article de marine, donc.

C’est :

Selon Wikipedia :  » a sport in which the goal is to roll slightly asymmetric balls, called bowls, closest to a smaller—normally white—bowl called the « jack » or « kitty ». Bowls […] is usually played outdoors, on grass and synthetic surfaces. Flat-green bowls can also be played indoors on synthetic surfaces. Both variants are collectively known as « lawn bowls ».

Bowls belongs to the boules sport family, and so is related to bocce and pétanque. It is most popular in Australia, New Zealand (where the natural playing surface is cotula), the United Kingdom, and in other Commonwealth nations. »

La remarque de Tatie Les Piles :

La pratique de cette activité boulesque s’étendant jusqu’au Canada, il existe une version française de son nom, le boulingrin. Et je trouve qu’avec cette jolie sonorité entre « bourlingue » et « grain », cet objet avait du coup, par une chouette coïncidence paronymique comme je les aime, toute sa place dans ce magasin chaleureux.

Allez zou, vendu.

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