Les Piles intermédiaires

Le quotidien bordélique d'une traductrice à l'assaut des idées reçues. (Et des portes ouvertes, aussi, parfois.)

Sénégalismes

Cela ne te surprendra point, lecteur cultivé et/ou globe-trotter de ce blog : le français parlé au Sénégal comporte quelques tournures et expressions propres, dont certaines paraissent assez savoureuses vues d’ici.

Il y a des mots qui suivent une logique implacable – par exemple « essencerie », qui désigne une station-service (j’adooore).

Il y en d’autres qui ont un petit charme exotique – par exemple, lorsqu’on bidouille un véhicule ou un appareil électrique venu de l’étranger pour le rendre utilisable au Sénégal, on dit qu’on le « tropicalise » (j’adooore – mais je crois que ça s’emploie aussi en Guadeloupe).

Et puis l’aut’ soir, tandis qu’on commentait mollement le remaniement gouvernemental annoncé de ce côté-ci de la Méditerranée (car nous sommes de fins analystes politiques de canapé de comptoir) et que la télévision diffusait des images de Chirac et d’Abou Diouf en train de papoter comme à un cocktail mondain côte à côte aux obsèques d’Omar Bongo, The Man m’a appris un nouveau truc.

Quand notre président chéri (l’actuel, vous suivez ?) a entamé sa politique d’ouverture et s’est mis à appâter les gros poissons de la gauche avec des maroquins, tout le monde s’est pâmé. Alors qu’en fait, il n’a rien inventé. Parce qu’Abdoulaye Wade (l’actuel, au Sénégal, non mais franchement, vous suivez ?), exemple pris totalement au hasard, pratique cette forme de realpolipêche depuis son accession au pouvoir en 2000 (alors c’est dire).

Mais au Sénégal, on ne parle pas d’ouverture, on a trouvé un terme beaucoup plus parlant pour désigner les personnalités de l’ancien parti au pouvoir qui passent régulièrement du côté de la force obscure pour un poste au gouvernement.

On les appelle les « transhumants ».

Bêêêêêhêhêhê…

J’adooooore…

Pas vous ?

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